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En plein troubles

15 août
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 août

 

À travers ce court texte, je tiens à rendre compte des troubles qui sont parfois les nôtres lorsqu’on est en crise, en difficultés avec nos diverses perceptions… Bien sûr, ces difficultés finissent par passer quand on se soigne et qu’on prend le traitement nécessaire pour aller mieux. Il est bon de s’en souvenir.

 

Je sors. En couple. En famille. Avec des amis. Le moment devrait être agréable. Consacré aux loisirs. À la détente. Et prendre du bon temps.

Je déraille. Je tremble et me fige. Tendue comme jamais. Tout, alentours, m’oppresse.

Les lieux varient : un restaurant – intimiste ou grand buffet – un supermarché au rayon fruits et légumes et, même, même ! un coin de nature, en forêt : tout me parle. Tout m’agresse.

 

Chaque regard, de chaque personne, chaque parole, le moindre geste, tout m’est adressé, loin de la bienveillance, chaque mot est dressé contre moi. Tout constitue une attaque.

Le groupe d’adultes posté au loin complote, j’en suis sûre !

Ces deux amoureux aux regards moqueurs se rient de moi, c’est certain !

 

Que je reste statique, impuissante face aux mouvements des autres, aux allers et venues du moindre touriste qui défile sous mes yeux, ou que je sois moi-même mouvante, évoluant dans le cadre d’un grand magasin, tournant autour des clients, toutes mes perceptions sont en alerte. Alerte rouge. SOS invisible que je lance à mon proche, mon conjoint, que j’émets discrètement et qui fonde mon malaise. Comment exprimer ce mal être, comment raconter l’enfermement, la solitude et l’isolement dans lesquels je plonge, inanimée, coincée dans la parano, la peur chevillée au corps ?

 

Comment m’échapper de ces sensations nocives, ces ressentis morbides qui se déversent et se démultiplient ? Où fuir ? Où me réfugier ? Quand la moindre parcelle, la nature elle-même, qui d’habitude me détend, me ressource, et qui, en cet instant, me violente plus que jamais, sans trouver le moindre répit.

 

La peur irradie dans tout mon être. Dans mon corps, hypersensible et raide, dans mon esprit, peuplé et envahi d’idées parasites. Je perçois tout multiplié par mille. Dix mille. Cent mille. Les paroles, même murmurées, et jusqu’aux pensées extérieures, les regards, à peine croisés et avec acuité, me transpercent, flèches saillantes et malveillantes, le moindre écart de mains, la plus petite sensation physique, un souffle, un infime réajustement corporel chez l’autre, tout me blesse.

 

Alors, il faut s’échapper. Éviter toute situation délicate, oppressante. Rester chez moi, couper, trancher toute interaction. Ni TV, ni radio. Des murs vides et stériles. Échapper au moindre échange. Même au regard d’une photo fixe et innocente.

Patienter. Attendre. Que s’amenuise le mal. Que se taise la fournaise constituant mes sensations. S’appuyer sur les médicaments, réajuster le traitement, taire les interactions.

 

Que le monde extérieur, que le réel reprenne sa place. Que s’apaise mon âme.

 

                                                                                                                                  Cécile

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